Paris Tour Eiffel

Mondialement connue la Tour Eiffel est le symbole de la France à la renommée internationale
C’est aux bords de la seine et à l’extrémité du Champ-de-Mars que se dresse la Tour Eiffel. Construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours (1887-1889), cette tour de fer atteint 324 mètres. Structure énorme et majestueuse conçu en fer puddlé de 18000 pièces, elle est fabriquée par le célèbre ingénieur Gustave Eiffel qui remporta le concours de l’exposition universelle en 1889. La Tour Eiffel se refait une beauté tous les 7 ans, elle est repeinte par une équipe professionnelle de 25 peintres-alpinistes qui appliquent plus de 50 tonnes de peintures sur les 250 000 m2 de surface.

Photo : Nathalie

Histoire de la Tour Eiffel

La Tour Eiffel est une structure métallique conçue par l’ingénieur français Alexandre-Gustave Eiffel pour l’Exposition universelle de 1889 à Paris, organisée pour commémorer le centenaire de la Révolution française.

Origine du projet (1884-1886)

Un défi de l’ère industrielle

L’origine de la construction de la Tour Eiffel réside dans la volonté des hommes de vouloir s’élever dans les airs. Toujours plus haut, chaque civilisation a essayé de construire au moins un bâtiment très haut, aussi haut que possible. Mais cette course a ses limites, celles des matériaux de construction. Jusqu’à l’époque préindustrielle, les seuls matériaux capables de supporter les lourdes charges inhérentes aux grands bâtiments étaient la pierre, principalement le granit, connu pour sa résistance. Mais à l’ère industrielle, tout change. L’apparition du métal comme matériau applicable à la construction des bâtiments permet de surmonter le poids du bâtiment lui-même, et il est tout à fait naturel que les hypothèses les plus folles circulent sur les nouvelles possibilités offertes au domaine de l’architecture. L’une de ces hypothèses, probablement la plus plausible et la plus impressionnante, était de construire un bâtiment de plus de 300 mètres de haut.

Pendant que les architectes envisageaient de construire une telle tour, les ingénieurs se sont penchés sur les différentes techniques de forgeage, de rivetage et les différents métaux qui pouvaient être utilisés pour la construction. Nous sommes dans la deuxième partie du XIXe siècle, et un ingénieur va se spécialiser dans la construction de ponts en fer : Gustave Eiffel.

Le projet d’une tour de 300 m de Gustave Eiffel

Gustave Eiffel, après avoir fait ses armes dans une entreprise d’études où il a réalisé ses premiers ponts, a travaillé de façon indépendante puis a créé sa propre entreprise qui va multiplier les travaux dans le monde entier. En 1884 son entreprise de construction est florissante, elle a de nombreux projets, plusieurs chantiers ouverts. Il a construit des ponts, des gares, des pylônes et même la structure interne de la Statue de la Liberté. Évidemment, son entreprise fonctionne avec un grand nombre d’employés, une hiérarchie stricte, comme au XIXe siècle, et des hommes efficaces à la tête des services. C’est ici que la tour commence.

Maurice Koechlin était le responsable du bureau d’études de la société Eiffel. Émile Nouguier, c’était le chef du bureau des méthodes, chargé de mettre en place de véritables moyens pour la construction des structures. Ils ont conçu le plan d’une tour de fer de 300 mètres de haut, répondant ainsi au défi technique implicitement lancé par la communauté architecturale mondiale. Ce n’était pas le premier projet, mais il était relativement réaliste. Elle se présentait sous la forme d’une pyramide composée de 4 pieux métalliques se rejoignant au sommet. Les 4 piles étaient reliées entre elles par une plaque tous les 50 mètres, il y en avait donc 5, de plus en plus petites. Malgré tout, Gustave Eiffel refuse de construire cette tour, mais les encourage à poursuivre leurs études sur ce sujet. Il faut dire que l’Exposition Universelle de 1889 était déjà prévue, et qu’il avait l’intention de construire cette tour comme porte d’entrée de l’exposition. C’était un projet de construction, car non seulement il n’était pas sûr de pouvoir construire cette tour, mais il devait quand même être autorisé à le faire, et qu’il avait aussi du temps matériel… Pourtant, le premier projet de Nouguier et Koechlin, présenté en juin 1884, fut refusé. Puis est arrivé Stephen Sauvestre dans le projet, un architecte qui a revu le design grâce à un oeil à la fois nouveau et architecte. Ce n’est plus un projet d’ingénierie mais un projet d’architecte, et cette différence fait tout aux yeux d’Eiffel. Sauvestre redessine les plans, déplace les piles de piédestaux de maçonnerie, courbe les batteries un peu plus qu’au premier plan et les lie par deux plateformes, l’une à mi-chemin de la jonction des piliers, l à la jonction. Il ajoute une 3ème plate-forme de maintien au sommet et ajoute des arches qui assurent la solidité de la base. Il modifie aussi un peu l’esthétique en ajoutant un clocher au sommet.

C’est ce projet qui sera le projet définitif. Gustave Eiffel y croit et pense sincèrement que cette tour peut être réalisée. Le 18 septembre 1884, il dépose un brevet expliquant comment ériger une tour métallique de 300 m, dont le titre exact est : “nouveau dispositif pour la construction de pylônes et tours métalliques jusqu’à 300 mètres”.

Ce brevet est déposé au nom de Gustave Eiffel, Maurice Koechlin et Emile Nouguier, mais le propriétaire voit vite son intérêt et rachète les actions de ses employés, c’est pourquoi la tour portera son nom, et les noms de Koechlin et Nouguier sont oubliés quand ils étaient ceux qui ont fait les plans, chez Stephen Sauvestre.

Calculs de faisabilité

Les calculs de la Tour Eiffel sont à la base de l’établissement des plans, ils ont bien sûr été faits avant. Ces calculs sont plus faciles à comprendre qu’il n’y paraît. En fait, il n’y a que deux types d’efforts à prendre en compte : L’effort dû à la charge, c’est-à-dire le poids de la tour, pour qu’elle ne s’effondre pas sur elle-même, et l’effort dû au vent, qui est le plus important. Sur les pages ci-dessous, vous trouverez l’intégralité des calculs effectués pour la conception de la Tour Eiffel.

Il s’agit de calculs complexes, utilisant des notions architecturales dont les principaux termes sont expliqués, ce qui en facilite la compréhension. En pratique, chacun de ces deux calculs met l’accent sur le principe général de l’application d’une force verticale à la charge due à la charge et horizontale pour la force due au vent, et explique ensuite comment elle a été prise en compte pour ces efforts sur les différentes parties de la tour.

Les plans de la Tour Eiffel

Il est surtout important de noter que Gustave Eiffel n’a pas présenté son projet seul, c’est un travail commun entre deux ingénieurs, Maurice Kœchlin et Emile Nouguier, un architecte, Stephen Sauvestre, et lui-même, entrepreneur. Partant de ce principe, le nom même de “Tour Eiffel” est probablement usurpé, mais bon, c’est tellement… Le projet a été choisi, les 4 lauréats se mettent au travail. Les plans ont été rapidement élaborés avec l’aide de 50 ingénieurs et dessinateurs qui ont exécuté près de 5300 dessins, décrivant le monument le plus précisément possible. Tous ces dessins ont été rassemblés dans un livre annexé à la “Tour de 300m” de Gustave Eiffel. Ce livre s’intitule logiquement “La tour de 300m, planches”, il contient un résumé des 47 plans qui ont été réalisés pour décrire la tour Eiffel dans les moindres détails. Ils sont divisés en deux chapitres. Le premier donne les plans réalisés pour l’exposition universelle de 1889, le second, ceux des améliorations apportées pour celle de 1900. Ce deuxième chapitre est bien sûr beaucoup plus court.

Ce qui est intéressant à noter, c’est que les planches sont en double page, sur papier vélin de grand format. Ils sont classés par ordre chronologique de construction. Le premier tableau est un plan d’ensemble, puis il y a les plans des fondations et des socles, la charpente, les ferrures, les ascenseurs, l’assemblage, l’escalier inférieur, les bâtiments du premier étage et le calcul de l’ossature. Cela nous mène à la plaque XXXIV. Les autres concernent les améliorations de 1900, il y a l’ascenseur Fives-Lille, puis les restaurants et les quais. Le livre se termine sur quelques épreuves approfondies (13, exactement), ainsi que sur une carte de Paris et de ses environs, mentionnant les principaux monuments de la région.

Le lieu pour installer la Tour Eiffel

En septembre 1884, le brevet est déposé, les plans sont achevés, puis commence la phase de réalisation. Le premier problème est où le construire, et obtenir les permissions. Pour Eiffel, la réponse est évidente : il doit être au Champs de Mars, à Paris, et servir de portail d’entrée aux visiteurs de l’Exposition universelle de 1889, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Il va faire du lobbying, un exercice dans lequel il excelle (bien que ce mot n’ait pas été utilisé à l’époque) pour convaincre le ministre de l’Industrie et du Commerce de lancer un concours pour la construction d’une tour. 300m. Connaissant le défi technique difficile et ayant en main ses propres plans réalisables rapidement, il espérait gagner ce concours. Mais Edouard Lockroy, le ministre, n’a pas été aussi facile à convaincre que cela. Eiffel réussit et un concours fut lancé le 1er mai 1886. Le principe était simple : “relever sur le Champ-de-Mars une tour de fer base carrée de 125 mètres de côté à la base et de 300 mètres de hauteur“.

Comme par hasard, le projet Eiffel a une base de 125m, et les autres conditions s’inscrivent parfaitement dans les plans de Sauvestre, Koechlin et Nouguier. L’une de ces conditions est la possibilité d’utiliser la tour pour des expériences techniques ou scintigraphiques, ce que le projet avait prévu dès le départ grâce à la présence de 3 plateformes sur lesquelles on peut non seulement monter et circuler librement, mais sur lesquelles on peut aussi stocker du matériel scientifique et construire des locaux pas nécessairement exigus, en plus. Cet argument fera pencher la balance en faveur d’Eiffel, mais ce n’était pas une promesse en l’air : La tour a vraiment été l’épine dorsale de nombreuses expériences scientifiques, elle a grandement fait progresser la science dans le domaine de ” l’aéronautique, la météorologie, la radiodiffusion, etc. En fait, la radiodiffusion le sauvera de la destruction, 20 ans plus tard.

Résultats du concours et obtention des droits

Pourtant, le concours est lancé par le ministère de l’Industrie et du Commerce, et les projets commencent à arriver. Le 12 mai 1886, le ministre nomme une commission pour l’étude et l’examen du projet d’exécution composée des personnalités suivantes : Le Ministre du Commerce et de l’Industrie (Président), M. J. Alphand (Directeur de la Ville de Paris), M. G. Berger (ancien Commissaire aux expositions internationales), M. E. Brune (architecte, professeur à l’Ecole des beaux-arts), M. Ed. Collignon (Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées) V. Contamin (Professeur à l’Ecole Centrale), M. Cuvinot (Sénateur), M. Hersent (Président de la Société des ingénieurs civils), M. Hervé-Mangon (Membre de l’Institut), M. Ménard-Dorian Molinos (Administrateur des Forges et Entreprises Acier de la Marine), Amiral Mouchez (Directeur de l’Observatoire) et M. Phillipps (Membre de l’Institut)

Face à cette commande, une surprise attendait Eiffel. Il s’attendait à ce que certaines présentations de projets, dont la plupart n’étaient pas crédibles, mais à la date limite de présentation des demandes, pas moins de 107 dossiers se trouvaient au bureau du ministre. L’étude approfondie de ces dossiers a permis d’éliminer rapidement une grande quantité, la plupart irréalisables, mais certains étaient des concurrents sérieux et directs de la tour de M. Eiffel. En fin de compte, c’est ce dernier qui a remporté le concours, mais ce n’était pas si facile. On peut objectivement penser que si le projet Eiffel figurait parmi les projets les plus plausibles, les relations privilégiées qu’il entretenait avec les hautes personnalités de l’Etat l’ont définitivement fait choisir, ce qui n’était pas nécessairement un mal vu le travail de lobbying qu’il avait fait pendant des années. A noter que le second de ce concours, Jules Bourdais (1835-1915), était un projet tout aussi sérieux que le sien, il prévoyait la construction d’un gigantesque phare.

L’étape suivante eut lieu le 8 janvier 1887, un peu plus de deux ans avant l’ouverture de l’exposition universelle. Ce jour-là, signature de l’accord pour la construction et l’exploitation de la tour entre Edouard Lockroy, ministre de l’Industrie et du Commerce, Eugène Poubelle, préfet de la Seine (agissant au nom de la ville de Paris) et Gustave Eiffel. Cet accord stipulait l’emplacement de la tour, qui avait fait l’objet de longues discussions, la planification de la construction, la présence d’une salle par étage pour les expériences scientifiques, qui pouvaient être transformées en expériences militaires, une planification devenue serrée et surtout le financement, probablement le point le plus important. A ce sujet, il a été convenu qu’Eiffel recevrait des subventions publiques d’un million et demi de francs et couvrirait le reste du coût par ses fonds propres. (voir le Contrat de concession). Au total, le coût de construction s’est élevé à 6,5 millions de francs, Eiffel a donc bénéficié d’une aide de 23%, les 77% restants restant à sa charge. Mais il reçoit bien sûr une grosse compensation : L’exploitation de sa tour pour une période de 20 ans, ce qui assurerait non seulement le remboursement des coûts, mais aussi une importante manne financière pour les années à venir. La convention prévoyait des gardes, par exemple avec la fixation des tarifs des visites pendant l’Exposition universelle, ou que la tour deviendrait propriété de la ville de Paris à l’issue de l’exposition, avec un agrément de 20 ans pour Gustave Eiffel. Ainsi le 31 décembre 1909 devait être le dernier jour de fonctionnement de la tour par Eiffel, selon cette convention.

La construction de la tour (1887-1889)

Fondations et bases

La construction de la tour a duré un peu plus de 26 mois et trois jours. La première grève a eu lieu le 28 janvier 1887, le drapeau inaugural a été planté au sommet le 31 mars 1889. Les premiers travaux concernaient bien sûr les fondations des 4 piliers pour soutenir les pieux métalliques. Leur creusage et leur coulage ont duré cinq mois, tout le travail étant effectué par des hommes. Les fouilles ont été évacuées par des voitures tirées tantôt par des chevaux, tantôt par des locomotives à vapeur. S’il n’y a pas eu de difficultés pour la construction des piliers 2 et 3 du côté du Champ de Mars, ce n’est pas la même chose sur la Seine. Les piliers 1 et 4 nécessitaient des fondations faites à l’air comprimé à l’aide de caissons en tôle entraînés à 5 m sous l’eau. Les fondations sont de grands blocs de béton ne tombant pas à plus de 15 m sous le niveau du sol, on les appelle arbalétriers, ils sont la base de la tour. L’avantage de ces piliers est de minimiser les forces projetées au sol par rapport à ce qu’elles seraient si le pieu était placé directement sur les fondations.

La structure métallique

C’est le 1er juillet 1887 que la construction de la partie métallique a commencé. Au début, l’assemblage était simple : Les ouvriers ont récupéré les pièces pré-peintes fabriquées dans l’usine et les ont assemblées à partir du sol, d’échafaudages bas et de grues. Mais à partir de 30m de hauteur il n’était plus possible de le faire, il fallait construire 12 échafaudages spéciaux en bois, puis, à partir de 45m, d’autres échafaudages, mais ceux plus solides, capables de recevoir les poutres de 70 tonnes du premier étage. C’est grâce à eux que les ouvriers ont pu assembler les pièces formant la première plate-forme, à une hauteur de 57m, une jonction terminée le 7 décembre 1887, en plein hiver. De là, les échafaudages ont été montés au premier étage pour poursuivre la construction jusqu’à 115 m de haut, là où la deuxième jonction a eu lieu, terminée le 14 août 1888. Le reste se faisait ainsi jusqu’en haut, sachant que ” depuis le deuxième étage les quatre piles ne faisaient qu’une, le travail devenait plus facile.

Les pièces de la tour ont été réalisées dans les ateliers Eiffel, à Levallois-Perret. La plupart ont été assemblés dans l’atelier, maintenus ensemble par des boulons temporaires. Ainsi, les ouvriers qui grimpaient la tour sur le chantier (on les appelait voltigeurs) avaient moins de travail, il suffisait de positionner les éléments et de remplacer les boulons par des rivets définitifs.

La construction de la tour n’a pas posé de problème particulier, le chantier, bien qu’en retard, a été achevé avant l’échéance. Il est à noter que la grève des travailleurs, à l’approche de l’hiver 1888, exigeait de meilleures heures de travail et une prime de risque compte tenu de la hauteur à laquelle ils travaillaient. Gustave Eiffel a cédé la prime qu’il a augmentée, bien qu’il ait noté que les travailleurs étaient mieux payés sur ce site que sur un autre, mais a refusé d’indexer la prime sur la hauteur de travail, car le risque était, selon lui, est le même quelle que soit la hauteur de travail.

Le chantier employait un maximum de 250 personnes, ce qui était déjà assez bien, et malgré les risques, aucun décès n’était à déplorer. Mentionnons néanmoins l’anecdote de cet ouvrier qui est venu avec sa fiancée à la tour un dimanche, un jour de chomé, et qui est tombé à la suite d’une perte d’équilibre. Cette mort, aussi effrayante soit-elle, ne peut être attribuée au chantier lui-même.

A la fin de la construction, en mars 1889, la tour avait une hauteur de 300m, mais sa taille est passée à 324m lors de l’installation des antennes radio quelques années plus tard. C’était la plus haute structure jamais construite par l’homme. Il a longtemps gardé ce record avant d’être battu en 1930 par le bâtiment Chrysler à New York. Le poids initial de la tour était d’environ 10 100 tonnes.

La construction de la tour Eiffel (1887-1889)

Fondations et bases

La construction de la tour a duré un peu plus de 26 mois et trois jours. La première grève a eu lieu le 28 janvier 1887, le drapeau inaugural a été planté au sommet le 31 mars 1889. Les premiers travaux concernaient bien sûr les fondations des 4 piliers pour soutenir les pieux métalliques. Leur creusage et leur coulage ont duré cinq mois, tout le travail étant effectué par des hommes. Les fouilles ont été évacuées par des voitures tirées tantôt par des chevaux, tantôt par des locomotives à vapeur. S’il n’y a pas eu de difficultés pour la construction des piliers 2 et 3 du côté du Champ de Mars, ce n’est pas la même chose sur la Seine. Les piliers 1 et 4 nécessitaient des fondations faites à l’air comprimé à l’aide de caissons en tôle entraînés à 5 m sous l’eau. Les fondations sont de grands blocs de béton ne tombant pas à plus de 15 m sous le niveau du sol, on les appelle arbalétriers, ils sont la base de la tour. L’avantage de ces piliers est de minimiser les forces projetées au sol par rapport à ce qu’elles seraient si le pieu était placé directement sur les fondations.

La structure métallique

C’est le 1er juillet 1887 que la construction de la partie métallique a commencé. Au début, l’assemblage était simple : Les ouvriers ont récupéré les pièces pré-peintes fabriquées dans l’usine et les ont assemblées à partir du sol, d’échafaudages bas et de grues. Mais à partir de 30m de hauteur il n’était plus possible de le faire, il fallait construire 12 échafaudages spéciaux en bois, puis, à partir de 45m, d’autres échafaudages, mais ceux plus solides, capables de recevoir les poutres de 70 tonnes du premier étage. C’est grâce à eux que les ouvriers ont pu assembler les pièces formant la première plate-forme, à une hauteur de 57m, une jonction terminée le 7 décembre 1887, en plein hiver. De là, les échafaudages ont été montés au premier étage pour poursuivre la construction jusqu’à 115 m de haut, là où la deuxième jonction a eu lieu, terminée le 14 août 1888. Le reste se faisait ainsi jusqu’en haut, sachant que ” depuis le deuxième étage les quatre piles ne faisaient qu’une, le travail devenait plus facile.

Les pièces de la tour ont été réalisées dans les ateliers Eiffel, à Levallois-Perret. La plupart ont été assemblés dans l’atelier, maintenus ensemble par des boulons temporaires. Ainsi, les ouvriers qui grimpaient la tour sur le chantier (on les appelait voltigeurs) avaient moins de travail, il suffisait de positionner les éléments et de remplacer les boulons par des rivets définitifs.

La construction de la tour n’a pas posé de problème particulier, le chantier, bien qu’en retard, a été achevé avant l’échéance. Il est à noter que la grève des travailleurs, à l’approche de l’hiver 1888, exigeait de meilleures heures de travail et une prime de risque compte tenu de la hauteur à laquelle ils travaillaient. Gustave Eiffel a cédé la prime qu’il a augmentée, bien qu’il ait noté que les travailleurs étaient mieux payés sur ce site que sur un autre, mais a refusé d’indexer la prime sur la hauteur de travail, car le risque était, selon lui, est le même quelle que soit la hauteur de travail.

Le chantier employait un maximum de 250 personnes, ce qui était déjà assez bien, et malgré les risques, aucun décès n’était à déplorer. Mentionnons néanmoins l’anecdote de cet ouvrier qui est venu avec sa fiancée à la tour un dimanche, un jour de chomé, et qui est tombé à la suite d’une perte d’équilibre. Cette mort, aussi effrayante soit-elle, ne peut être attribuée au chantier lui-même.

A la fin de la construction, en mars 1889, la tour avait une hauteur de 300m, mais sa taille est passée à 324m lors de l’installation des antennes radio quelques années plus tard. C’était la plus haute structure jamais construite par l’homme. Il a longtemps gardé ce record avant d’être battu en 1930 par le bâtiment Chrysler à New York. Le poids initial de la tour était d’environ 10 100 tonnes.

La concession initiale (1889-1909)

Inauguration de la Tour Eiffel

L’inauguration de la Tour Eiffel a eu lieu le 31 mars 1889. Elle s’est déroulée à l’intérieur du pilier ouest en ce qui concerne les discours, mais au sommet de la tour pour le symbole. Cette journée a commencé vers midi. Dans le pilier ouest étaient rassemblés 200 travailleurs, M. Eiffel, et des représentants du Conseil de Paris. Après une petite collation, les officiels quittèrent les travailleurs et montèrent les 1710 marches pour atteindre la 3ème plate-forme, puis ils montèrent jusqu’au poteau. Là, Gustave Eiffel hissa un drapeau tricolore, puis tout le monde redescendit pour retrouver les ouvriers. Une cérémonie a eu lieu, avec des discours empruntés à l’honneur de la France, avec fierté et gratitude. Les ouvriers ont reçu une prime et Eiffel a appris qu’il avait été proposé pour le poste de Grand Officier de la Légion d’honneur. Le ministre Tirard et M. Alphand, conservateur de l’Exposition universelle de 1889, ont participé aux discours. Puis une autre collation a été servie, et c’était la fin de l’inauguration.

Mais ce n’était pas que la tour était ouverte au public. En fait, ce n’est que le 15 mai 1889 que les premiers visiteurs ont pu monter sur le monument.

Un réel succès

Et attendez était le mot d’ordre puisqu’à l’époque il avait un succès très populaire, et ce malgré la campagne de dénigrement il fut l’objet avant sa construction. L’effet de l’exposition universelle a été significatif : Sur les 32 millions de visiteurs, 1 sur 16 gravit la tour, soit 2 millions de personnes, jusqu’à la fermeture de l’exposition le 31 octobre 1889. Mais cette fréquentation est exceptionnelle car les années suivantes le nombre de visiteurs a diminué, avec un grand début en 1900, l’année de la nouvelle exposition universelle à Paris, mais même pendant cette période il y avait proportionnellement moins de visiteurs que prévu.

Si bien qu’en 1909, lors de la cession définitive de la tour Eiffel à la ville de Paris et de la fin de l’exploitation par Gustave Eiffel, sa tour n’avait pas vraiment la côte et elle était considérée de plus en plus sérieusement à la désassembler.

Intérêts scientifiques de la tour

C’est son intérêt scientifique qui sauvera la Tour Eiffel. Conçu à l’origine comme une source d’expérimentation, Gustave Eiffel a multiplié les autorisations pour l’utilisation de la tour à des fins scientifiques, car pour lui si le succès populaire faiblit (et il faiblit), sa tour ne peut survivre que par son intérêt scientifique. Ainsi la tour devient un support pour :

  • Une station météorologique (1889, Éleuthère Mascart)
  • Une antenne d’herzienne (1898, Eugène Ducretet réalise une communication téléphonique entre la tour et le Panthéon)
  • Une antenne télégraphique (1903, Gustave Ferrié établit la communication télégraphique sans fil)
  • Un laboratoire d’aérodynamique (1909, Gustave Eiffel réalise des essais de structures aérodynamiques)

Et ça marche parce qu’en 1909, l’armée a commencé à s’intéresser à la technologie de transmission sans fil et a fait pression sur le ministre pour qu’il conserve ce gigantesque pylône qui pourrait avoir un intérêt dans ce domaine. A l’époque, les essais n’étaient pas encore convaincants, mais entre les exigences de l’armée et d’autres applications civiles, les autorités ont compris qu’il n’était pas nécessaire de démanteler la tour et en 1910 ont prolongé sa concession pour les 70 années à venir, concession qui reste acquise à Eiffel.

De la fin de la concession initiale à la Première Guerre mondiale (1914-1918)

En 1912, un triste événement marqua la Tour Eiffel, qui ne servit que de support, mais de drame. En février de la même année, un homme, un certain Franz Reichelt, tailleur à Longjumeau, présente à la presse un modèle de vêtement capable de ralentir la chute d’un homme. C’est l’ancêtre du parachute, réalisé sous la forme d’une combinaison en tissu découpée sur le modèle des ailes de chauve-souris. A 8 heures du matin, les journalistes étaient au pied de la Tour Eiffel pour voir l’exploit de cet homme sauter du premier étage de la tour et atterrir lentement sur le sol. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu, et Reichelt est tombé violemment, causant sa mort sur le sol gelé des Champs-de-Mars.

Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté, c’est il y a 25 ans que la tour a été construite. Prolongée il y a seulement 4 ans, la concession appartient aujourd’hui à la ville de Paris. Depuis plusieurs années, différents tests de TSF ont été réalisés et peu à peu l’armée voit l’intérêt de s’en servir comme support. Il faut dire que ce pylône de 300m en plein Paris est une aubaine, il capte des messages de longues distances qui ont donné diverses victoires à la France. Une mention particulière est faite des messages qui ont conduit à l’arrestation de Mata Hari, l’espion à la solde des Allemands. Cette guerre a également été d’un grand intérêt pour la Tour Eiffel qui a prouvé son utilité et surtout permis au TSF de devenir populaire. A la fin de la guerre, les progrès de la radiodiffusion, puis de la télédiffusion, étaient intimement liés au soutien principal de la Tour Eiffel.

L’entre-deux-guerres (1920-1939)

Progrès de la radiodiffusion

C’est après la Première Guerre mondiale que l’utilisation du sans fil s’est propagée. Créée pour le civil à partir de 1920, c’est en 1921 que les premières émissions de radio sont diffusées régulièrement, émissions initiées plus particulièrement par Lucien et Sacha Guitry. De plus, “Radio Tour Eiffel” est officiellement inauguré le 6 février 1922, voire un an plus tard. Un studio fut même construit dans le pilier Nord permettant, en 1925, la diffusion du premier journal radiophonique de l’histoire de France, un journal de Maurice Privat. La télévision est arrivée très vite, en 1925, l’année des premiers essais de Louis Belin, mais la technique en est encore à ses balbutiements. Ce n’est que 10 ans plus tard (le 26 avril 1935) que le problème majeur est le petit nombre de stations de réception disponibles en France.

En 1937, Paris accueille l'”Exposition internationale des arts et techniques appliqués à la vie moderne”, qui se tient à Paris du 25 mai au 25 novembre 1937. C’était le nom officiel de l’Exposition Universelle de 1937, exposition initialement assez simple mais qui finira par entreprendre d’importants travaux à Paris et accueillera des millions de visiteurs. A cette occasion, certains bâtiments parisiens sont améliorés : L’ancien palais du Trocadéro est démoli, remplacé par le palais de Chaillot, le palais de Tokyo est construit et la tour Eiffel est rénovée avec la suppression des décorations vieillissantes du premier étage et l’installation d’un nouvel éclairage plus efficace.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

Cette période n’est pas la plus riche en termes de Tour Eiffel. Prise par les Allemands en 1939 en même temps que Paris, elle a continué à fonctionner normalement. Les Allemands ont installé un émetteur Telefunken, “Fernsehsender Paris”, (“chaîne de télévision de Paris”). C’était le seul émetteur de télévision opérant en Europe à l’époque. Les programmes étaient évidemment en allemand, ils étaient destinés à informer et à divertir. En marge de cette utilisation, les Allemands placent un faisceau lumineux au sommet de la tour pour guider les avions au-dessus de Paris la nuit, mais aussi pour éviter les accidents.

L’histoire nous apprend que Paris a failli être rasée juste avant la capitulation allemande. La Tour Eiffel aurait pu se terminer ainsi en 1944, mais le fait que l’ordre n’ait jamais été exécuté nous a permis d’avoir la tour de nos jours. À la libération, les Américains ont installé un radar.

De la Seconde Guerre mondiale à la rénovation (1945-1980)

Progrès de la radiodiffusion

Après la Seconde Guerre mondiale, les progrès ont repris et les expériences de communication sans fil se sont poursuivies. A noter que les Allemands avaient laissé sur la Tour Eiffel un émetteur Telefunken nommé “Fernsehsender Paris”, qui signifie “chaîne TV de Paris”. Cet émetteur diffusait en 441 lignes ce qui était important pour l’époque. Il sera remplacé suite à un incendie par une autre plus efficace de 819 lignes, puis par une nouvelle après la fin de la diffusion de TF1 en noir et blanc. Enfin, en 2005, un nouvel émetteur est né, celui de la télévision numérique terrestre (TNT).

La Tour Eiffel était d’une grande importance, une question de radio-télévision. C’est ainsi qu’en 1953, la première émission en Eurovision, le couronnement de la reine Elizabeth II, a été diffusée en direct.

Parallèlement à l’amélioration des techniques et donc des équipements de diffusion, les antennes progressent également. La Tour Eiffel reçoit en 1959 une nouvelle antenne qui porte sa taille à 318,70m. Il sera remplacé en l’an 2000 par un autre plus efficace, et plus haut aussi, la tour passant à 324m de haut (hauteur actuelle).

Changements à la tour

Durant cette période, la Tour Eiffel n’a pas vraiment évolué. En 1952, il a reçu une balise lumineuse aéronautique qui remplace celle du mont Valérien, détruite pendant la guerre. Il avait une portée immense, jusqu’à 300Kms.

La rénovation de la la Tour Eiffel en 1980

1980, c’est aussi l’année de la rénovation de la tour. Contrairement à la Statue de la Liberté, que les Américains n’ont jamais vraiment su entretenir, la Tour Eiffel a toujours été soigneusement entretenue. La planification du tableau a été parfaitement suivie, à l’exception notable de la période de la Première Guerre mondiale, où il a fallu encore trois ans. Mais près d’un siècle plus tard, la tour pouvait être analysée et modifiée, car les calculs initiaux de Maurice Koechlin et Emile Nouguier, les concepteurs, étaient perfectibles avec les moyens modernes. Ainsi, la structure a été allégée de 1340 tonnes par l’enlèvement de nombreuses poutres inutiles, et les escaliers et ascenseurs devenus obsolètes ont été remplacés. Enfin, des dispositifs de sécurité ont été ajoutés pour faire face à l’explosion du tourisme, les années 1980 correspondant aux débuts du tourisme de masse en Europe. D’ailleurs les plus anciens se souviennent encore des grilles de protection d’avant les années 80, assez basses. De nos jours, il est presque impossible de les monter, même en montant les escaliers. En plus de ces œuvres, les peintres ont peint les noms des érudits qui ont fait le tour du premier étage, et ont été masqués lors des rénovations de 1937. Le restaurant “Le Jules Verne” est situé au premier étage. agit dès l’ouverture d’un restaurant gastronomique.

Cette rénovation s’est accompagnée d’un traitement anticorrosion et d’une campagne de peinture couvrant l’ensemble de la tour, et enfin de la rénovation du système d’éclairage, qui consistera pendant quelques années en 352 sodium.

Depuis la rénovation (de 1980 à aujourd’hui)

Exploitation depuis les années 1980

1980 marque la fin de la concession à Gustave Eiffel, décédé depuis longtemps. C’était toujours sa société d’exploitation qui avait la concession d’exploitation. Création d’une nouvelle société, la SNTE (Société Nouvelle d’Exploitation de la Tour Eiffel), qui appartient à la ville de Paris et à une banque privée. Mais cette société ne fonctionne que jusqu’en 2005, date à laquelle la SETE a été créée pour lui succéder (Société d’Exploitation de la Tour Eiffel). La SETE a un contrat jusqu’à fin 2015.

Depuis les années 1980, la Tour Eiffel a été régulièrement modifiée. Par exemple, en 2005, la transition de la radiodiffusion numérique (TNT) vers la télévision et les radiodiffuseurs a été modifiée.

La rénovation de 2011

L’événement principal est bien sûr la rénovation majeure du premier étage de la tour qui a eu lieu en 2011, suite à la volonté de la ville de Paris de la moderniser. Il faut dire que cet étage, depuis la rénovation de 1981, était assez peu fréquenté, c’était un peu l’être aimé de la tour. Le concours lancé pour l’occasion a été remporté par la firme Moatti-Rivière qui s’était associée à une entreprise de construction. Leurs projets, qui ont été mis en œuvre jusqu’en 2014, consistaient à reconstruire l’ensemble du plancher sans ajouter ni enlever de poids, d’où une difficulté supplémentaire par rapport aux chantiers habituels. Ils en ont profité pour construire un plancher de verre amusant pour les touristes, comme le London Bridge à Londres ou la Tour CN à Toronto. Ce plancher est maintenant terminé et parfaitement opérationnel. Il est beaucoup plus moderne qu’avant, plus original aussi.

L’année 2015

Année difficile que ça. La Tour Eiffel, bien qu’elle n’ait pas été directement touchée par les événements qui s’y sont déroulés, avait néanmoins une relation.

Tout commence avec le domaine de l’écologie. En février 2015, deux éoliennes d’une capacité de 10 MWh par an ont été installées sur la tour pour marquer la transition vers une gestion plus écologique de l’énergie dépensée. Il faut dire à cet égard que c’est précisément en novembre 2015, pendant 15 jours, que s’est tenue à Paris la COP21, une réunion des dirigeants mondiaux pour normaliser les actions mondiales dans la lutte contre le réchauffement climatique. A cette occasion, la tour Eiffel a été équipée d’un éclairage original. Les plantes ont poussé à partir d’un des piliers et se sont développées sur toute la structure de la Tour Eiffel. Après quelques secondes, elle a disparu pour en laisser pousser une autre. Qu’est-ce qui a déclenché le tournage ? Une application mobile permettant à chacun de faire un don pour une association écologique. Chaque appel faisait pousser une nouvelle plante. Original comme idée, n’est-ce pas ?

En novembre, une attaque terroriste a secoué la capitale, mais l’onde de choc s’est propagée en France puis dans le monde entier. Pendant les quelques jours où l’état de choc a duré, la Tour Eiffel est devenue le symbole des victimes du terrorisme dans le monde. Un symbole dessiné sur la base de celui du mouvement “Paix et Amour”, retravaillé pour l’occasion avec une Tour Eiffel stylisée. Le lendemain des attentats, la Tour Eiffel est restée fermée, tout comme le lendemain, et elle a été éteinte, pour marquer le deuil. Dans les jours qui suivirent, elle s’était parée des couleurs de la France, à l’unisson avec un grand nombre de monuments dans le monde.

De novembre 2017 à juin 2018, des travaux pour installer un mur en verre autour de la Tour Eiffel ont été réalisé. A partir de maintenant, le Tour Eiffel est protégée par 220 mètres de mur en verre de 6.5cm d’épaisseur à l’épreuve des balles, de clôtures en acier et be bornes anti-voitures bélier. Tout ceci pour protéger ce monument historique de toute attaque terroriste.

Source : https://www.wonders-of-the-world.net/Eiffel-Tower/History-of-the-Eiffel-tower.php

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